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Laure Mathieu



Née en 1991 à Paris. Vit et travaille entre Paris et Rennes.
En résidence de mars à mai 2018.

Membre fondateur de l’association Le Praticable.
Membre du comité de rédaction de la revue Mandarine.

Diplômes et formations
2016 L3 Philosophie à l’université Paris Ouest Nanterre (à distance)
2015 Diplôme National Supérieure d’Expression Plastique (avec les Félicitations du jury) à l’EESAB (site de Rennes)
2013 Diplôme National d’Art Plastique (avec les Félicitations du jury) à l’EESAB (site de Rennes)
2009 Baccalauréat général série L (mention bien)

Expositions collectives et résidences
2017 Le soleil se couche sur l’Adriatique, Espace Delrue, Zoo Galerie, Nantes
Rex Project, Circonférences, Château-Gontier
Do disturb, Palais de Tokyo, Paris
Nuit Fulgurante, lecture à la Librairie A Balzac A Rodin, Paris
2016 Rob a Robe, le DOC, Paris
Les planeurs, galerie du 48, Rennes
Nouvelle Collection, ENSBA, Paris
Maracujas, 59Rivoli, Paris
How to do things with words, InOffice, Bangkok, Thaïlande
Hong Hub Residency, résidence à Bangkok, juillet-août 2016
2015 Mettre à jour, commissariat Dominique Abensour, Frac Bretagne
Toujours le même platane, Lyeux communs, Tours, France
Territoires Extrêmes, galerie Closer Kiev, Ukraine
2014 Extreme Territories, EESAB Rennes
Temps Fort, sur une invitation du Collectif Contrefaçons, Université Foraine, Rennes
Et pourtant vous paraissiez ne pas me voir, EESAB Rennes

Stages et emplois
Depuis 2014: co-gérante du lieu d’art Le Praticable, Rennes
2017 Assistante communication de la Galerie Jérôme Poggi, Paris
2016 Assistante de l’artiste Maurice Matieu
Intervention à la faculté de Rennes 2 auprès d’une classe de L2 Arts Plastiques, Rennes, France
Monteuse pour le Frac Bretagne (manutention, magasinage, peinture, montage)
Chargée de communication pour le Praticable (contact avec le public, la presse,
administration)
2014 Assistante des artistes Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi (Préparation de
l’exposition La Maison de l’Ours à la galerie Context, recherche documentaire)
Préparation du festival d’écoute sonore Monophonic, Bruxelles (Assistante scénographe, assistante régie son)

Sélection de commissariats
2016 Le Praticable co-producteur de l’AntiFashion Shop, Babi Badalov, Les Ateliers de Rennes
Archipels, Le Praticable, Rennes
Close encounters, Le Praticable, Rennes
2015 Le cours des choses, Le Praticable, Rennes
Clinamen, Le Praticable, Rennes
Les vaches sont couchées il va pleuvoir, Le Praticable, Rennes


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Vue d’accrochage à l’Université foraine, Hôtel Pasteur, Rennes, 2015

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Les émotions esthétiques, 2015
Polystyrene extrudé

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Sas, 2015
salle vide avec des néons, gélatine rouge

John C. Lilly

Performance conçue comme une installation globale, mettant en jeu deux éléments: la lecture d’un texte et l’activation d’objets par cette parole. Ce projet est conçu comme une balade philosophico-littéraire autour de la question du langage de l’art et de la pensée. À travers le récit, elle pose des questions de perception, d’optique, de langage et de savoir. Les objets sont pensés à la fois comme des éléments qui soutiennent le discours (on pense à l’Art de la mémoire de Frances Yates) et des outils de ponctuation dans la structure narrative qui permettent de basculer entre différents registres (historique, philosophique, fictionnels). Certains des éléments utilisés (WHAT WOULD MARY … ?, Les émotions esthétiques) sont des sculptures qui ont leur autonomie par ailleurs, mais qui sont utilisés ici pour enrichir la performance. Le texte, lui-même, peut-être pensé en autonomie ou repensé dans un autre dispositif (conférence performance…). Le public entre dans la première salle éclairée en rouge, Sas, qui renvoie à la fois à un laboratoire photographique et à un sas de décontamination. Le sens de cette pièce sera ensuite révélé dans le texte de la performance. Il entre après dans la deuxième salle où la performance a lieu. Au mur sont accrochées Les émotions esthétiques, moulures en polystyrène extrudé de trois tranches de cerveaux qui représentent l’endroit exact activé lors d’une émotion esthétique, et un poème sur l’égalité dans la myopie. Je lis un texte qui relate une expérience effectuée dans les années 70 par John C. Lilly, qui a essayé de communiquer avec des dauphins d’abord verbalement, puis corporellement et enfin télépathiquement. En s’inspirant de cette expérience, j’invite le public à essayer de déchiffrer le langage de l’art. Tout au long du récit, qui reprend des expériences de pensée de Franck Jackson autour de l’expérience intérieure, un chapitre d’un roman de Nabokov traitant de la myopie, une soirée hippie où les neurobiologistes découvrent le langage télépathique grâce au LSD, un opérateur de performances désigné sous le nom de médiateur actionne les pièces WHAT WOULD MARY … (il enfile les tee-shirts dans l’ordre du spectre coloré) et Les vidéos de la mer. Enfin, le public est invité à s’attarder sur Le siège des idées (rotinrelief), siège en rotin dont la partie supérieure tourne grâce à un moteur, rappellant ainsi une spirale ou un vortex. Dans le même temps le texte passe dans la fiction pure décrivant une longue marche dans un cerveau au son des Pink Floyd.

Version performée au FRAC Bretagne : https://vimeo.com/user40956573



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Labor, 2017
Installation, résine acrylique, vidéo, 3MN

Une sculpture reprenant la forme d’un slip de Moebius est exposée face à une vidéo sur tablette montrant le survol dédoublé d’une mine américaine par un hélicoptère. La bande de Moebius, forme psychanalytique par excellence, reprise par Lacan et par Lyotard comme métaphore explicative de la bande libidinale, l’éternelle boucle du désir, se voit affublé d’une dimension sexuelle par un simple glissement de sens, un “slip”, terme anglais pour lapsus. C’est aussi un glissement, sur un axe horizontal cette fois, qui fait d’une vidéo de mine une double béance, où l’oeil du spectacteur devine un regard changeant. Les deux pièces, en circuit fermé, sont liées à la notion de boucle que l’on peut refermer par étymologie: labor, latin pour trébucher, glisser, slip, et labor, le labour de la terre, notre travail quotidien.



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1 pourcent, 2016
Anorak en tissu aluminium, acrylique rouge Cadmium et vert de Baryte. Dimensions variables

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Sculpture-tympan, 2016
Feuille d’acier martelée, 110 cm x110 cm x 20 cm

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CLEVE BACKSTER, (2016-2017)
Les planeurs

Ce projet a été développé fin 2016, à l’occasion d’une exposition à la galerie du 48 à Rennes et se lit comme une forme de suite à l’histoire de Cleve Backster développée plus tôt. Il met en scène plusieurs éléments: une vidéo, un anorak, un banc, une sculpture représentant un tympan en métal martelé, un livre trempé dans du goudron et des plumes. Chacun de ces éléments participent à l’élaboration d’une fiction dans l’espace de la galerie, autour de trois idées-élans. Premièrement l’idée du planeur, entité ésotérique décrite par Carlos Castaneda dans le récit de son initiation chamanique. La découverte de Conrad Aiken, poète et mentor de Faulkner, qui fit le récit d’un enfant, Paul, basculant dans la surdité d’une maladie mentale (probablement celle de la schyzophrénie), s’isolant progressivement du monde via une perception de plus en plus réduite de celui-ci, qui se recouvre de neige, tant est si bien qu’il finit pur esprit, hors du monde. Enfin, la nature même de cet espace d’exposition, sorte d’ilôt au sein d’une casse fréquentée par des punks et leurs chiens. Ces trois éléments, mis en relation par les objets et la vidéo, vont nous conduire progressivement à nous interroger sur la nature de l’oeuvre d’art et de l’esprit qui la regarde. La vidéo Les planeurs est composée de la suite du texte de Cleve Baxter lue sur de séquences dans un montage haché : un chien découvre un nouveau territoire la nuit à Saint-Brévin les Pins, la sculpture tympan rythme les images à la manière d’un gong et est filmée à Brocéliande. Un livre est goudronné et plumé. Sur le mur, un anorak aux allures cosmonautiques porte en son intérieur, sur un pourcent de sa surface, un graphique peint représentant le fond diffus cosmologique. Un banc minimaliste se voit légèrement raboté.

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Vue de l’exposition à la Galerie du 48 avec Zoe Maltot et Laurent Petitot


Le territoire balisé de l’art est pour Laure Mathieu le lieu d’une enquête linguistique. Elle la développe avec un large attirail méthodologique et expérimental fondé sur des principes de traductions, exégètes ou digressions réflexives, mis en forme dans des environnements, performances, textes, vidéos ou sculptures. Cette recherche sur le pouvoir déclencheur du langage, actionnant le passage des frontières entre le réel et l’espace de la fiction ou de l’art, pourrait se diviser en trois registres d’investigations pour lesquels sont respectivement examinées les figures d’intermédiaires que sont le conteur, le médiateur culturel et le modèle.
Julie Portier, 2015.


J’ai une pratique de la vidéo, de la sculpture et de l’écriture. Depuis quelques années je travaille avec le format de la lecture publique, découvert avec des écrivains comme Nathalie Quintane ou Antoine Boute. Je m’intéresse à des questions liées au partage du savoir, à la relation à la fiction que celui ci entretient ; l’utilisation de l’oralité me place dans un rapport de continuité avec des figures comme le conteur, le conférencier mais aussi l’hypnotiseur. Le récit, emprunté à d’autres, mais aussi personnel, fictionnel, joue de son ambiguité entre outil poétique et outil de connaissance. Il m’arrive régulièrement de concevoir des performances qui mettent en relation un texte lu a voix haute et les objets accrochés dans l’espace d’exposition. Elles sont des formes mouvantes qui évoluent selon le système de monstration.
Mes histoires sont articulées avec un certain nombre d’éléments empruntés dans des champs très différents: sciences, neuroscience, littérature, philosophie. Tous ont en commun de faire usage de la narration, de la fiction pour essayer de cerner la nature de l’expérience intérieure. Le jeu est donc de télescoper toutes ces conceptions pour créer du sens, et interroger les conditions d’une expérience subjective (qu’elle soit esthétique, patriotique, culturelle…). Les renvois successifs entre le récit et les choses me permettent d’éprouver la nature transformatrice du langage. J’accorde aussi une grande importance à l’humour, qui me permet un rapport assez décomplexé et expérimental à ce que je met en jeu.
Les notions de conscience, d’expérience intérieure, de phénoménologie sont au coeur de mes intérêts, notamment dans la manière dont ce savoir senti, vécu au delà du langage, peut être partagé – quels sont les outils de ce partage (métaphore, fictions) et comment il devient savoir commun, conscience collective.