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Guillaume Pellay




Né en 1987 à Brest, vit et travaille à Brest

> http://guillaumepellay.fr

Guillaume Pellay est diplômé de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne – site de Brest en 2012. Depuis 2010, il a participé à plusieurs expositions à Brest, Angers, Reims, Bruxelles et également au Centre d’art de Neuchâtel en Suisse. Il a exposé à la Fondation d’entreprise Ricard et à la Biennale de Belleville à Paris ainsi qu’à la Straat galerie à Marseille et à la galerie du 126 à Rennes. Parallèlement, Guillaume Pellay est co-fondateur et co-directeur des Éditions Peinture avec Mathieu Julien. Il est également membre du collectif de graffeurs Moderne Jazz.

En résidence de mars à mai 2015.
Exposition «Abrazo vale mil» du 6 juin au 29 août 2015.



Abrazo vale mil
Exposition du 6 juin au 29 août 2015

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Vues de l’exposition Abrazo vale mil, Passerelle Centre d’art contemporain, Brest © Aurélien Mole, 2015.



Juste une étreinte

Sur le plus grand châssis qu’il a pu trouver, dressé en travers du passage, Torpen a laissé son blaze à la bombe chromée.

Route barrée. Faites le tour, surtout si ce premier tableau conforte quelques idées reçues sur la façon dont ce qu’on s’empresse à nommer « street art » s’attelle à la peinture, ou encore, si ce graffiti sur toile apparaît comme une solution de déplacement suffisante pour procurer à l’institution le frisson recherché ouvrant sa porte à la culture underground. Faites le tour, donc, et constatez que le throw up a été peint au dos de l’écran – avec la peinture la plus usitée par les graffeurs, car la plus couvrante sur les supports récalcitrants – ce qui aura au moins pour effet d’inverser la problématique : regarder le graff à travers le tableau, ou le tableau traversé par le graff… Ainsi la question pourrait se préciser si un élément de décor ne venait trahir cette mise en scène. La toile peinte de gros pois pendue au châssis comme un costume sur le paravent d’une loge après la représentation, décadre non seulement le paysage urbain post-industriel dans une amorce de fiction théâtrale mais rejette définitivement, et d’un geste langoureux, le sujet du support de ses questionnements de peinture. Déjà, la toile et le châssis semblent être mobilisés par leur valeur d’usage plus que leur conséquences ontologique sur la peinture : ils servent très bien de paravent, d’étoffe ou de fond de scène. C’est le rôle que joue le diptyque au motif de feuillage (où s’est coincée une canette de bière) dans la vidéo RN12, Danse en bas-côté où Guillaume Pellay exécute une danse, tournant sur lui-même habillé d’une jupe peinte d’après un autre fragment de verdure (Jupe 1). Le pas simple et répétitif, évoquant une pratique rituelle ou l’image ralentie et solitaire des moines derviches, n’aurait d’autre fonction que de faire monter en cloche le support de la peinture, afin d’y faire défiler ce paysage idyllique de bas-côté. Mais plus loin, le diptyque réapparaît dans un accrochage classique, où les deux toiles autonomes ont reçu un nouveau traitement pictural, par aplats et traits expressifs qui les rendent reconnaissables à une tradition de la peinture abstraite (Rideau 1 et Rideau 2). Il conviendra de reculer pour manquer d’heurter une autre peinture et de déduire de cette rencontre qu’il s’agit bien d’une sculpture (Rue Emile Marcesche, Lorient). Comment interpréter, alors, cette dialectique qui s’achève sur ce dernier état de la peinture, où la toile suspendue renferme sous son poids la trace d’un acte pictural commis ailleurs ? Qui cherchait encore à cerner les modalités d’une peinture revendiquant son origine dans la culture du graffiti, ne pourra se fier qu’à la versatilité de cette démonstration qui met le jugement comme la peinture, littéralement, dans tous ses états.

Le titre de l’exposition suffisait pourtant à mettre en garde face à tel écueil théorique. La crypto-formule chantante Abrazo vale mil étant une contraction de l’expression espagnole « un abrazo vale mil palabras » (une étreinte vaut mille discours), elle en dit long sur l’inclination de l’artiste à édicter des statements. Quand il apparaît brandissant une affiche face caméra, dans la vidéo One hour trying to, la seule chose qu’il revendique serait une oisiveté puriste. L’artiste y manifeste en faveur d’une absolue contemplation : « One hour trying to rise up like the sun » (une heure à essayer de s’élever comme le soleil). L’aspect comique de cet état statique aspirant à un tel mouvement transcendantal traduirait-il la condition du jeune artiste, dont les efforts pour devenir une star se résumeraient à une résistance aux lois de la gravité, en attendant qu’un miracle se produise ? Une lecture plus fidèle de cette performance allégorique se contenterait peut-être d’y reconnaître une référence musicale, précisément au titre d’un album du groupe electric folk The Albion Band (Rise Up like the Sun, 1978).

Car l’étreinte qui fait taire les discours illustre une préférence certaine pour la manifestation physique des choses plutôt que leur préméditation théorique, mais semble aussi désigner un régime singulier d’affection pour les influences culturelles qui traversent l’oeuvre, silencieusement. Et c’est peut-être sous cet aspect que l’oeuvre de Guillaume Pellay trouve sa parenté dans l’univers du graffeur, en tant qu’elle recèle un jardin secret de références et d’anecdotes dont l’hommage préside, semble-t-il, à plusieurs gestes plastiques. Par là se présente déjà un nouvel angle pour observer la manière dont l’oeuvre engage ses héritages ou se réapproprie les motifs de seconde main. Au panthéon (de bordure de voie ferrée) de Guillaume Pellay, on distingue ici quelques références musicales – du folk anglais à un air traditionnel de vielle qui trotte dans la tête et engage une danse –, il y a aussi Millet, l’industrie agro-alimentaire, un terroir de friches bretonnes, Varda, support-surface, le folklore breton, le Bauhaus peut-être, les hobos nord américains, et surtout la bande de copains, ceux qui accompagnent les virées nocturnes « pour aller peindre » sous les ponts favoris, faire siens les territoires interdits au public.

Les récits des dérives suburbaines qui romancent un mode de vie cultivé de l’autre côté des clôtures, qui narrent les exploits ordinaires, collectionnent les traces de ces transgressions quotidiennes constituent bien un mythe en sous-texte de l’exposition. Et l’oeuvre figure toujours, plus ou moins directement, la solitude de l’artiste emprunte d’une nostalgie du groupe (Moderne Jazz, entre autres) ; elle trouve son énergie, c’est certain, dans ce spleen du graffeur de Brest, tentant de retenir les nuits et les paysages qui disparaissent. Cette mythologie légère prenait une forme écrite dans le livret publié pour l’exposition The Lady with the braid à la galerie 126 à Rennes (2014). Vraisemblablement composée pour tromper l’ennui, en attendant le visiteur dans un lieu d’art alternatif, la prose savoureuse fait part, dans une succession de paragraphes sans transition, d’une véritable méthode de progression de la pensée, par divagation. Elle se fie aux émotions passagères, attribue à une anecdote la justification d’un axe de travail, démontre la logique interne d’une suite d’évènements fortuits.

C’est dans cette romance anti-héroïque que peut s’imbriquer une histoire de l’art non-linéaire dont les strates se superposent ici, dans ce repaire un peu glauque de maîtres-chiens, à l’intérieur d’une ancienne conserverie squattée par une piste de karting qui abritait autrefois une école américaine de peinture. D’une exposition à l’honneur de l’école de Pont-Aven il reste, dans un petit salon aménagé par les gros-bras, la piètre reproduction numérique d’un tableau sans nom, parfois appelé Paysage breton avec cochons, et l’artiste de songer à ce que représente cette scène traditionnelle de son pays natal pour l’actuelle propriétaire, dans une collection privée à Los Angeles. Ce texte, parmi d’autres, atteste de l’importance de la pratique littéraire dans l’art de Guillaume Pellay, traduisant, s’il le fallait, l’esprit romantique qui l’anime. Mais cette pratique dit aussi, en contrepoint du rituel de la signature qui marque son passage sur les lieux, la liberté de réécrire l’histoire reçue en héritage. Ainsi l’histoire de l’art mondialisée, inévitablement réinterprétée dans sa circulation, ne trouve de lecture légitime que dans son parcours subjectif et singulier. Ce rapport personnel aux sources se revendiquait dans les deux pièces de mobiliers à roulettes réalisées en 2012 avec Hélène Thomas (sans titre, bibliothèque des livres lus/ non lus), qui figent dans le béton les livres acquis pendant l’année scolaire achevée, soit un bloc d’histoire recomposée – assorti d’une autre hypothèse de récit –, mobile et autonome, mais figé et non échangeable. Dans Abrazo vale mil, un autre chapitre s’instaure, en dilettante, quand Guillaume Pellay peint les glaneuses sur les wagons de transport céréaliers Millet, reliant par une preuve poétique l’histoire du pionnier du fret au maître du réalisme (presque contemporains d’ailleurs). Le dessin illicite raccordait du même coup la peinture classique aux premières manifestations d’art urbain et au documentaire d’auteur, tout en soulignant la permanence d’une pratique de survie que l’on ne peut que prendre comme une métaphore d’un moyen de sustentation culturelle. Plus tôt, l’artiste dessinait un autre itinéraire bis de l’histoire de l’art en repeignant Guernica d’après une image trouvée sur le net, et avant de réinjecter une photographie de son mural brestois dans les réseaux, où la Tuerie (ironisant sur la sophistication du jugement esthétique de sa génération) sera laissée à de nouvelles critiques. Bien sûr l’artiste qui a rencontré le chef d’oeuvre dans ses manuels scolaires se souvient aussi que Picasso regardait attentivement les graffiti parisiens dans les années 1930, ceux que Brassai collectait en photographie.

Mais à ce stade de l’histoire, les rapports de filiation entre le mur et la toile ou les autres arts n’ont plus de valeur que leur flexibilité, jusqu’à faire des boucles et retomber sur des preuves flagrantes de la complicité des champs de références et même des supports, quand, dans un plan de Les glaneurs et la glaneuses d’Agnès Varda (1999) retenu par l’artiste, un tableau d’Edmond Hédouin est sorti dans la cour et présenté à la caméra sur un mur de béton. Aussi le mur précède la toile quand elle est accrochée sur le graffiti, peinte dans le prolongement du mur avant d’être retirée pour aller flotter comme un fantôme dans l’espace d’exposition (Rue Emile Marcesche, Lorient). Le film improvisé (Torpen – Moderne Jazz _ Lorient – avril 2015, prise de vue : Ishem) qui documente la scène diurne (sur fond de cris de mouettes), fait aussi apparaître le motif de pois et de traits semblables à ceux qui composent les toiles abstraites sur fond de branchages Rideau 1 et Rideau 2. Voilà des signes qui renvoient à l’exploration des limites de la peinture dans les années 1970, mais font aussi clairement référence (pour les ronds adoptés par Torpen) aux expérimentations formelles d’une frange du graff new yorkais dans les mêmes années. Et ceux qui sont nés dans les années 1980 y reconnaîtront également une tendance décorative dans le tissu d’ameublement ou la moquette bon marché, tandis que ces même motifs étaient élaborés à peu près sous cette forme dans les ateliers d’art décoratifs aux temps des avant-gardes, dans un court moment où l’art rejoignait l’artisanat et le tissu imprimé devait véhiculer l’utopie du renouveau. En somme, les ronds de Torpen sont le signal de l’éclatement accompli des références, du mixage des cultures et de l’obsolescence des hiérarchies de genre. Voilà qui laisse le champ libre à toutes les manipulations et toutes les expériences, en réclamant sa qualité d’amateur, comme le fait l’artiste sur un rideau de fer à St Etienne indiquant « G. Pellay Non Spécialiste ».

C’est avec cette fraîcheur légitime qu’il s’essaie ici à la danse ou à la poterie (Mayo Thompson, Dear Betty Baby) dont il fait deux arts affranchis des catégories et des exigences d’expert, mais surtout deux arts du mouvement : cette grossière coupe en terre, déformée après que l’artiste eut l’idée d’entamer une danse avec le socle, paraît mimer sa chute imminente. La danse collective, celle qui entraîne dans la ronde et invite à changer de partenaire, euphorie d’un soir, aurait-elle influencé le régime des œuvres réunies ici ? Elles ont en commun un statut transformiste, par rotation ou rebond d’un espace à l’autre (de la vidéo à l’exposition, du dehors au dedans), par recouvrement ou changement d’état. Ainsi se présentent-elles toujours dans une forme transitoire, non définitive, pour se permettre de prendre la fuite ou changer de bord et rester hors d’atteinte. Tout ce qui est ici fixé est amené à bouger, la robe à tourner, le train à partir, la carte postale à passer les frontières. Entrainée par l’élan de la jeunesse, la peinture, aérée, retrouverait le gout de la fuite ? Ce n’est qu’une des jouissances de l’aventure. Ici comme dans la rue l’acte de peindre ne cherche rien d’autre que le plaisir d’une expérience collective, la satisfaction d’avoir essayé une nouvelle forme et de la partager largement (c’est simplement ce qui fédère les artistes ralliés à Moderne Jazz), sans prétention ni discours, en qualité d’amateur dans tous les sens du terme.

Julie Portier, 2015



Tout au long du temps de résidence, ce journal accueille un travail d’écriture et de mise en lien de documents de différentes sources et formats : écoutes, lectures, esquisses, glanages, petits ou grands gestes, danses.


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Salutations !



Dorothy Carter. the squirrel is a funny thing…



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En 1857, Jean-François Millet peignait Des Glaneuses, documentant la pratique du glanage des épis oubliés au sol après la récolte.

En 1898, Paul Millet faisait l’acquisition d’un premier wagon. Aujourd’hui l’entreprise familiale envoie à travers les campagnes des milliers de wagons de fret sur les réseaux ferrés.


wagons céréaliers Millet à Rennes


wagons gaziers à Rennes



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Captures d’écran du film Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda, 2000


TORPEN – MODERNE JAZZ _ Lorient (FR) – Avril 2015

TORPEN – MODERNE JAZZ
Lorient (FR) – avril 2015

prise de vue : Ishem


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B A L L A D E   D ‘ H I E R   P O U R   A U J O U R D ‘ H U I  ;
U N   A B R A Z O   V A L E   M I L   P A L A B R A S .

« From the canyon
in your heart 
the valley between your breasts
comes your life
like ageless pounding. »

(extrait de la transcription faite par Donnie, leader de mon groupe Nassau, à ma demande pressante, 2015. Je suis preneur de toute autre tentative de retranscription de cette chanson : guillaume.pellay@gmail.com)

Mayo Thompson, Good Brisk Blues, 1970

Q U I   T R O P   E M B R A S S E   M A L   É T R E I N T  ;
V A S – Y   J ‘ Y   V A I S  !
A Z Y ,   J ‘ Y   V A I S  !
M O D E R N E   J A Z Z   B A N D


mardi 17 mars

Enfonce toi dans la ville

J’ai croisé Tangi en rentrant. Sans trop s’inquiéter de mon programme, il m’a entrainé chez lui.

« On va écouter des disques »

La pochette de Stok Ha Stok de Storlok est de celles, superbes, qui renforcent l’attachement aux vinyles.

Storlok - Stok Ha Stok

Sur le disque, le grand classique Gwerz ar Vezhinerien qui pour moi était issu du répertoire traditionnel breton est en fait une de leur composition, écrite par Denez Abernot.
À Tangi j’ai parlé de Folkdove que m’a fait découvrir Donnie, ce doit être le meilleur groupe folk que Brest ait vu naître.


Où la composition d’un italien basée sur la retranscription d’une chanson azérie par une américaine d’origine arménienne m’évoque une chanson bretonne de mon enfance.

Plus tard dans la soirée la face folk de Epiphanie and Folk Songs de Luciano Berio se terminait sur Azerbaijan love song :

Ça m’a tout de suite rappelé le goût indicible mais vif d’une chanson bretonne qu’enfant j’entendais souvent à la radio. Sensation douce-amère : au souvenir agréable se greffe la frustration de ne sans doute jamais retrouver la première chanson. Reste la nouvelle qui à l’écoute répétée effacera peut être les vagues échos de l’autre.
Berio l’a composée pour Cathy Berberian d’après ses prises de notes d’une chanson azérie, langue qu’elle ne comprenait pas. Azerbaijan love song est en fait une interprétation phonétique de la chanson de Rashid Behbudov Bu gün ayın üçüdür, vidée de son sens textuel premier par l’imprécision de la méthode, mais gonflée en échange d’une charge impressionniste, celle de l’auditrice-transcriptrice émue.

Enfin, Paco Ibáñez.


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RN12, 10 août, retour avec la branche



Intervention au collège François Collobert de Pont de Buis

Sur 3 séances, 3 classes de 6ème ont réalisé de petits volumes d’argile, peints la séance suivante par leurs camarades à la suite d’échanges et enfin agrémentés/composés avec des éléments de tissus imprimés et installés ensemble.

Vues de l’installation finale composée par les 3 classes :

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« Trois fois rien »
: une peinture blanche de trois fois « rien » sur un mur blanc.

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sans titre, peinture aérosol et acrylique, Angers, 2014

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TUERIE
349,3 cm (environ) x 766,6 cm (environ), peinture aérosol, 2010

Comme beaucoup j’ai pendant longtemps vu les œuvres historiques par le seul biais de leurs reproductions dans les manuels scolaires, encore aujourd’hui j’y ai surtout accès par les livres et surtout internet. Guernica de Pablo Picasso est sans doute celle qui, pour son commentaire d’une page récente de l’histoire et ses portées pédagogiques, nous accompagne le plus tout au long de notre scolarité : en histoire, en arts plastiques, en espagnol, etc. Elle fait partie de notre patrimoine commun et j’ai décidé de m’y confronter dans une approche assez académique de la peinture et son rapport encensé du maître à l’élève. A l’aide de reproductions photographiques je l’ai copiée à échelle en la mélangeant à ma propre pratique en y insérant le mot tuerie en toile de fond. Tuerie, terme équivoque, renvoie au massacre peint dans ce chef d’œuvre politique ou au contraire au commentaire admiratif le plus creux que l’on puisse lui faire. Une fois la peinture achevée, sur un terrain vague de la place Sané à Brest, sa photographie a été remise en circulation sur internet parmi tant d’autres reprises d’images fétiches.
Une carte postale en a également été tirée à l’occasion de l’exposition Post graffiti à la Maison Folie Moulins à Lille en 2012.

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Télégramme 25 novembre 2010

Geste de Mathieu Tremblin en 2012

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Tuerie en février 2015 (photographie : adroiteagauche.tumblr.com)

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Automne, hiver, printemps,

encre de chine, Trélazé, 2012

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2012 – 2014
graffs / peintures d’amour




The Lady with the braid

galerie du 126, Rennes, 2014

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Vue de l’exposition colletive Let’s play – dans le cadre de la biennale d’art contemporain de Rennes Play Time – Bibliothèque de l’École des Beaux Arts de Rennes – 2014

SANS TITRE (bibliothèque des livres lus / non lus), dimensions variables, béton, roulettes, livres, 2012, co-réalisé avec Hélène Thomas


Dilletante
Straat Galerie, Marseille, 2013

Dilettante est une exposition constituée d’une série de pièces sans une ligne forte affirmée mais opérant par des croisements renvoyant à la circulation du savoir et de la pensée, du corps et de l’oeil dans la ville, entre les villes, en vacances ou au travail.

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Une grande toile, quasi cimaise, tournant le dos à la vitrine.
Cette même toile et un tee-shirt comme points de départ de l’exposition, comme bagage brestois, posé là. L’une inspirée des peintures de stade brandies par les tifosi, l’autre compilant un court mais essentiel florilège des slogans partout assénés, des tee-shirts best-seller aux murs de nos villes.
« Marseille 2013 », une suite de paysages-peintures d’abord observée sur le parvis de la gare St Charles et mis en abîme sur toile.
Quelques souvenirs de vacances, curiosités observées et retenues : superbe store retourné au changement d’enseigne du lieu en centre paramédical mais qui, à demi ouvert, laisse apparaître l’objet de cette manipulation : la censure d’une peinture de femme nue ; sur un prospectus, la peinture de Charles Camoin déjà franchement recadrée dans sa hauteur sur le parvis de la gare St Charles est ici autant retaillée dans sa longueur, une communication de musée fort engageante !
Dans la seconde salle, un peinture des tomettes et du carrelage fleuri de la première salle.
Un grand dessin à l’encre chromée.
Une citation de Jean Genet cité par O’Clock.
« Ne travaillez jamais ».
Un sous-titre à l’exposition, « G. PELLAY NON SPECIALISTE ».

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DMA, jardin botanique,
Exposition collective du collectif Moderne Jazz, galerie DMA, Rennes (2013).

« Bise, Djob, Frida, Gsulf, Royer, Torpen, nés entre 1981 et 1989, vivent et travaillent entre Angers, Brest, Bordeaux, Londres, Marseille, Paris, Valence et Moscou.
Six garçons graffeurs réunis avec le concours bienvenu de Fotolog, meilleur pire réseau social des années 2000, c’était le futur.
Dans un contexte graffiti largement codifié qui ne les comblait plus ou pas totalement leurs peintures et expérimentations personnelles sont un temps entrées en résonance malgré la distance qui pouvait les séparer.
S’est au fil du temps constitué Moderne Jazz, une bande de potes sans hymne, dont sont issus les six larrons.
Ils se voient rarement mais bien. Ils apprécient les choses simples, dessiner, manger des frites la nuit, écouter la musique fort dans des concerts, danser, dormir le jour, récupérer ensuite et comptent mettre tout cela en pratique en mai, à Rennes, à l’occasion de l’exposition qu’ils y présentent.
C’est déjà le printemps.
« DMA, Jardin Botanique » est une variation collective autour du floral, objet archaïque et désuet de la peinture, ils aiment la peinture, ils sont copains de peinture. Jardin Botanique englobe la poterie, les herbes folles, la séduction, la pluie et le beau temps.
Il ne s’agira pas d’une exposition graffiti au sens où on pourrait l’entendre mais une proposition pour l’espace de la galerie dans le prolongement de leurs pratiques et influences ; la suite de leurs tribulations. »

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vues d’exposition
(peinture-bannière : avec Royer à droite)


{ davide balula, jonathan binet, simon collet, blaise parmentier, guillaume pellay, elodie seguin }
Exposition collective, fondation d’entreprise Ricard, Paris (2014).

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Réunis par Aude Launay alors que nous ne formions préalablement pas un collectif d’artiste, nous avons tous les six entrepris de mettre à profit ce contexte pour arriver à proposer un seul geste commun.
Toutes les décisions ont été prises collégialement et sont au point de convergence des six auteurs, notamment les choix de couleurs, de leur traitements, de leurs applications. Après une année de discussion du projet, le lieu, premier matériaux dont nous disposions, est resté une obsession.
De là découle le dessin d’un couloir qui surligne un mouvement préexistant dans le lieu et offre en point d’orgue, point de mire, le mur de fond de la dernière salle dont les deux portes battantes donnent sur le bar les soirs de vernissage. Dans la volonté de le faire pleinement exister, le couloir a été peint en blanc et l’espace autour saturé par l’application, systématique et univoque, d’une peinture murale et plongé dans une pénombre.

Crédit photo : Aurélien Mole



Éditions Peinture

Nous avons fondé les Éditions Peinture en association à but non lucratif avec Mathieu Julien entre Brest et Paris.

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Par le nom « Éditions Peinture » nous entendons, comme il se doit, faire le rapprochement définitif du graff et de la peinture (dans tous ses sens, à commencer par ses aspects les plus artistiques et historiques, mais également plus formels, triviaux, etc.).
Il nous semble que le graff n’est pas condamné à être traité par les seuls biais d’études psycho-sociologiques centrées sur la rébellion supposée d’une jeunesse marginale, ni sous celui encore plus préoccupant quant au niveau d’analyse de l’amateur de street art ébahi. Pour aborder le graffiti nous sommes moins intéressés par le resserrement sur une définition de spécialistes que par l’ouverture qu’offre les croisements de regards, spécialistes sans doute.

L’objet livre est apte à restituer, avec respect, de nombreux champs. Nous l’envisageons comme espace d’exposition, de documentation et de recherche autour des pratiques artistiques, en l’occurrence une pratique variée et contemporaine de la peinture.
À mesure que nos collections grandiront, nous souhaitons partager avec nos lecteurs l’intérêt que nous portons à certaines formes actuelles de graffiti.

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Nous préparons aujourd’hui la sortie des premiers ouvrages des collections Textes et Archives, diffusés ensemble.
Un livre monographique sur la peinture de Saeio, graffeur de Paris à la pratique exploratoire passionnante.
Un essai de Joëlle Le Saux, historienne de l’art installée à Brest, sur la construction d’une mythologie propre au graff par la diffusion orale et écrite d’histoires et légendes.

La collection Archives est centrée sur les artistes, une documentation photographique importante restitue leurs productions par nature éclatées dans le temps et dans l’espace, souvent disparues, et éparpillées et clairsemées sur internet. Dans chaque ouvrage un entretien avec l’artiste s’appuie sur sa pratique et élargit, s’il se doit, la conversation à des questions périphériques.
La collection Textes, plus littéraire et critique, forme un ensemble de textes d’auteurs / théoriciens, conviés pour aider à la compréhension de ces pratiques, de leurs inscriptions culturelles et enjeux artistiques pluriels.
D’autre part des projets plus ponctuels et de différents formats, des éditions ou livres d’artistes par exemple, paraissent hors collection.

Le film de l’impression de « La foi est une mise en abîme comme tes cheveux », fanzine imprimé au duplicateur à alcool, où je filme, Saeio dessine et Mathieu duplique, en écoutant le mix « Collapse » de Detect :

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 NASSAU

nassau systeme 2012

> http://uassan.bandcamp.com/

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Entretien de Guillaume Pellay avec Fabien Ribéry pour le Poulailler : http://le-poulailler.fr/2015/07/une-etreinte-vaut-mille-discours-et-la-joconde-est-un-tapis-de-souris/