9

Edouard Le Boulc’h




Né le 20 août 1992. Vit et travaille à Lamballe.
En résidence de novembre 2017 à janvier 2018.

Formations
2014-2016 : DNSEP option Art à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nantes (ESBANM)

Master pro management de la Culture, dit « multimédia » (Art et patrimoine, spécialité pro conception gestion et diffusion de produits culturels, spécialisation numérique et conception, médiation et valorisation de produits culturels) ESBANM / Université des Pays de la Loire Anger (ESTHUA)

2011-2014 : DNAP Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nantes (ESBANM)

2010-2011 : Préparer Art, Ecole d’Art de Saint-Brieuc

Expositions
2016 : « Les poids des choses – Entre persistance et retour (vers soi) » : Galerie de l’ESABNM, dans le cadre de la Digital Week

2015 : Projection internationale, ESBANM, Galerie des réalisateurs, Nantes
Croisement numérique #10, Chapelle des Franciscains, Saint-Nazaire
Archiculture Archiculture 2015, Galerie Loire, Nantes

2014 : Capsule #1, Lamballe
Unkraut, ModernArt Café, Lyon

Résidence
2017 : Résidence d’artiste de deux mois à Trampolino avec Collectif R, Nantes

Expériences professionnelles
2016 : Assistant de production – Label « Noûs » Artiste – Saint-Louis (Post-production/Dpt vidéo)

2015 : Assistant de l’artiste Aymeric Caulay (Exposition Le Voyage à Nantes et à la Briqueterie Langueux-Les-Grèves)

2014 : Assistant de l’artiste Florian Sumi (« Instantanée » Frac Pays de la Loire)

2013 : Assistant de l’artiste Neal Beggs (Exposition Shady Groove, galerie Paradise, Nantes)
Assistant de l’artiste Medhy-George Lalou (Exposition Les talons d’Allah », galerie Paradise, Nantes)


4
Flight Case volumes, 2017
Bois, opalisé, gélatine, acier, plastique, écran, verre brisé, cartouche

Le projet Fligh case revisite le design des outils de stockage de régie éponyme. Resculpté dans la masse, l’objet est une composition chromatique et lumineuse qui permet d’exhiber matériaux, liquides et petits objets. Envisagées comme des fenêtre diorama, les ouvertures géométriques présentent entre autres de la gélatine alimentaire séchée, des capsules de gaz (siffon), du verre brisé, des types d’objets issu de la récupération pour la plupart. Les matériaux varient selon le lieu et le contexte. Lors de ma résidence à Trempolino, le contexte musicale du lieu et l’espace d’accrochage de la flight case a inspiré une vidéo de rush de danse en club, foule et effet de lumière, visible à travers un écran de gélatine verte.

9

12

17

Le poids des choses
COFFIN 808, 2016
Volumes, vidéos, bois, plexiglass, aérosol, gélatine, plastique, chenillard, arduino, 1,80 x 0,40 x 0,40m, 1:38 min

https://vimeo.com/181417061

Coffin 808 est un objet autonome alimenté par des piles, il est facilement transportable pour d’éventuelles scénographies..
Une sortie TRS est disponible et permet l’extension sonore de l’objet vers une source d’amplification. L’animation lumineuse programmé au coeur du cercueil est un hommage au séquenceur de la boite à rythme TR-808 de la marque japonaise Roland : objet mythique des années 80. Le séquenceur représente ici une quantité abstraite d’une entité non-répertorié. Programmé via Arduino, le mécanisme commande un système de LED relié en chenillard pour favoriser l’inertie du déplacement. La vitesse est malléable, tout comme l’objet qui au fil du temps, connait des modifications physiques et conceptuelles


Diplômé de l’école supérieure des beaux-arts de Nantes en 2016, Edouard Le Boulc’h est un artiste plasticien et producteur de musiques électroniques. À travers la combinaison de ses deux passions, l’artiste est dans une démarche d’interrogation face à l’environnement qui l’entoure et c’est dans ce cadre que ses instalations s’inscrivent. La modulation est ici un dispositif qui repose sur les objets, le son et les images. À travers le choix de cette combinaison particulière et non exhaustive, l’artiste apporte une réflexion sur l’évolution de la relation que les hommes entretiennent avec les machines, l’espace et le temps. Pour bien saisir la pensée sous-jacente de cette configuration particulière, Édouard nous invite à s’interroger sur deux manières de vivre nos pratiques technologiques. Si dans un premier temps, le monde des hommes et des machines était rythmé par une appropriation permettant aux individus de cerner la dimension totale d’un objet, l’artiste, démontre à travers sa réflexion, le développement d’une nouvelle ère : celle de l’application. Sensible à l’histoire de l’automatisation, du développement de la musique électronique et des préoccupations anticipatives, le travail d’édouard s’inscrit dans une perspective historique visant à rétablir « les modes de perception liés à la finitude de l’objet technique, des formes d’application de celui-ci et d’un rapport symbolique se rapportant à une forme actualisé du rituel ». Sensible aux objets fédérateurs, le plasticien pousse son spectateur à s’interroger sur son expérience au monde des objets, du son et de l’image. Les modulations qu’entreprend édouard à travers ses dispositifs, ont pour but de créer cet espace d’innovation dormant dans les laboratoires de recherche, mais qui par la transcendance et la tentative de l’homme à se surpasser peuvent aboutir à redonner une coloration plus visible à cette boite en sommeil. À travers cette dichotomie appropriation/application, l’artiste esquisse en filigrane cette perte de connaissance sur les objets qui nous entourent et pousse son spectateur à saisir comment le temps est accéleré face à cette logique d’application. Pour saisir la direction du plasticien, il faut tenter de comprendre comment l’appropriation se rapporte au déroulement, c’est à dire à une manière de détailler l’objet, d’en comprendre son mécanisme et infine, d’en saisir sa temporalité. Par ailleurs l’ère de l’application est quant à elle synonyme d’évènement et reflète l’usage actuel des objets et donc d’un rapport au temps plus rapide et donc incapable de pouvoir rendre intelligible par l’individu le mécanisme des objets qu’il utilise. Des machines, de manière large, systèmes de vitesse et d’opération, engagent des dispositifs où l’expérience qui prévaut est celle des corps. De la même manière, l’utilisation des machines dans la musique fait désormais office de structure centrale de composition. La musique techno de Detroit par exemple, réinvente des éléments de l’urbain postindustriel dont elle est issue, pour les détourner et s’approprier l’histoire des objets. La musique se fait ressentir par les rythmes et les enchainements, une exécution énergique dont elle est imprégnée.

Adrien Charrier